Le Corps que tu étais hier

Le Corps que tu étais hier …

Syl. Pâris. KOUTON & Atisso GOHA

 

Comme un hymne à ce que les corps ne disent toujours pas, à ce qu’ils feignent de faire, à ceux à quoi ils jouent à l’arrière de l’avant-monde, le duo show Le Corps que tu étais hier … écrit des poétiques, anatomies des ancestralités, qui vont marcheuses, et divagueuses. Dans les travaux picturaux de Syl. Pâris. KOUTON, le corps qui était la veille se vêt d’une toilette singulière : elle vient en miniature, annonciateur d’une chose qui n’est guère loin, couche sur couche, enlacé dans le blues, la mélancolie des souvenirs revenants. La ville au trois noms (Hôgbonou, Adjatchè, Porto-Novo) habille ces corps, drapés dans une bonhomie circonstancielle : « Les valeurs endogènes sont dans mon corps, dans mon esprit et dans mon âme. Elles appartiennent à mon héritage spirituel. Car je ne peux pas les rejeter, je ne peux pas les renier. C’est mon identité ». Atisso GOHA, dit du corps qu’il est un reliquat de l’histoire, et de la société de consommation. Ses sculptures aux visages torturés par le temps laissent survivre des géants armés de machines industrielles, révélant un lien perdu à cause de la technologie. Ses corps sont d’abord spirituels, totems, incarnations d’anciens dieux, et d’esprits protecteurs.

MOT DU PARRAIN

Le réel meurt aussi !

Ce qui nous transcende ? Ce sont des réalités : des survivances, des ruptures temporelles, des empreintes mémorielles. Sous l’emprise de la transcendance, le rapport tautologique au réel est semblable à des fragments de l’immanence : redondant, et mouvant. De Transcendens ; de transcendere, franchir, surpasser, survoler, la transcendance suggère l’idée de voyage, de dépassement, de renoncement, de survole, de (ré) observation, de (ré) interprétation, de (re) construction, de (re) visitation…Elle accompagne les desseins de permanence du réel par les mécanismes de la répétition, de la réappropriation, et de la stabilité. Et puis le réel devient une illusion pour qui la mort représente la seule issue de survie. Mourir pour renaître, mourir pour perdurer, mourir pour rester éternel. Oui : le réel meurt aussi. Il meurt pour laisser place à la transcendance.

Charly d’ALMEIDA (Art Advisor)

Steven ADJAÏ (Curator)

ARTISTE PLASTICIEN
Syl. Pâris. KOUTON

Syl. Pâris. KOUTON, artiste plasticien, vit et travaille à Porto-Novo au Bénin, berceau de sa famille issue d’une lignée royale. Depuis 1997 il a participé à de nombreuses expositions individuelles ou collectives, en Afrique (Bénin, Burkina-Faso, Ghana, Mali…), en Europe (France, Italie, Suisse) et aux Etats-Unis et à plusieurs Biennales dont récemment Cotonou (2012), Dakar (2014) et Servian (2016).

ARTISTE SCULPTEUR
Atisso GOHA

Le nom révèle parfois notre être profond et peut alors influencer notre orientation à venir. En langue éwè du Togo, Atisso signifie « bois coupé », prénom hautement symbolique pour ce sculpteur sur bois de Lomé qui, dès l’adolescence, avait trouvé sa voie. Son nom Goha fait écho à Goya… Le nom est un présage dit l’adage. Sa passion du bois, son matériau de prédilection, s’est affinée à la faveur de ses rencontres avec d’autres artistes et des amateurs d’art qui ont jalonné son parcours artistique. Atisso Goha se définit comme « le sculpteur des géants », car à partir de troncs entiers dont la grandeur varie de quatre à sept mètres de haut, il donne naissance à des personnages issus des croyances et mythes togolais.