O Plate

MOT DU PARRAIN

O purificatrice

Achille Adonon, dans son solo show « O Plate », nous confronte à la paroi de notre propre aquarium intérieur. Ses croquis, à la fois infimes et quotidiens, révèlent la toxicité de la solitude et la souffrance imprimée par l’isolement. Il ne s’agit pas seulement de corps habitant les pénombres, mais de l’humanité elle-même, à quelques centimètres de notre indifférence.

Ces « bouteilles marcheuses », « bouteilles pensantes », sont des métaphores de notre condition. L’eau qu’elles contiennent est notre souffle, notre soif de vivre. À travers elles, Adonon nous invite à une lecture poétique de la naissance, de la purification et de la vie. Il nous pousse à voir, à revoir, à nous réveiller pour nous transformer.

La paroi qui nous modèle se révèle candide, et ces esprits en bouteille crient : « nous existons ». « O Plate » est une invitation à repenser notre rapport à l’autre, à l’isolement, et à la possibilité d’une vie nouvelle.

Charly d’Almeida, Directeur Artistique Novart by Novotel Orisha Cotonou (Bénin)

ARTISTE PLASTICIEN
Achille ADONON

Lauréat du prix du meilleur sculpteur à la Biennale de Dakar en 2022, Achille Adonon artiste plasticien s’est construit au gré des relations d’apprentissage qu’il a nouées avec ses aînés, ses propres recherches dans les livres et dans les ateliers lors de résidences d’art. Penseur des réalités restrictives, c’est dans les chaussures, rebuts de la société, spectres des eaux troubles qu’il noie des compositions on ne peut plus mélancoliques, touchant du doigt l’immatérialité de l’humain, et le consumérisme. Dans ses accumulations de baskets, mocassins, bottes, ballerines et autres sandales se sont aussi les enfants abandonnés qu’il travaille à saisir, à emprisonner pour une ode à la candeur des invisibilités. Explorant les méandres de différentes pratiques artistiques allant du dessin à la performance en passant par la peinture, et l’installation, Achille Adonon a entrepris depuis 2021 une recherche photographique sur les formes de captations des environnements hétérogènes, fragments de vie en décomposition. Ce qu’il nomme « documents photographiques », ce sont des essais de documentation des sociétés du désastre. Arrimée à une réflexion philosophique, et anthropologique, cette recherche met en lumière le rapport ambigu que l’humain entretient avec la nature, et ce que la nature lui sert comme spectacle.